Chagrin d’école de Daniel Pennac m’était une belle découverte. Je ne connaissais aucun ouvrage de cet auteur auparavant et j’étais choquée du niveau de difficulté de ce livre (C1+ je vous dis). Merci beaucoup à mon club de lecture en français qui m’a aidée et motivée à le finir.
Parfois, il me semble que
l’auteur a fait exprès de rendre son œuvre plus compliquée que nécessaire mais
cela crée ainsi un style d’écriture unique très ‘Daniel Pennac’.
Lui, il a plein d’humour.
Il fait rire même quand il parle de choses assez dramatiques.
« quand je n’étais
pas le dernier de ma classe, c’est que j’en étais l’avant-dernier »
« il m’avait fallu
une année entière pour retenir la lettre a »
En tant qu’un cancre,
Daniel Pennac a de la compassion pour eux. Il nous montre ce qu’ils
ressentent :
« la solitude et la
honte de l’élève qui ne comprend pas, perdu dans un monde où tous les autres
comprennent. »
« quand j’étais
adolescent, nous étions au moins deux à faire exprès : Pablo Picasso et
moi. Le génie et le cancre. Le cancre ne faisait rien et le génie faisait
n’importe quoi, mais exprès, tous les deux. C’était notre seul point en commun. »
Il était élève mais il
était aussi prof. En tant que professeur, il sait à quel point ce métier est
difficile à exercer :
« je ne savais pas
que la monotonie est la première raison que les professeurs invoquent quand ils
décident de quitter le métier, je ne pouvais pas imaginer que certains d’entre
eux souffrent bel et bien de rester assis là, quand passent des élèves… J’ignorais
que les professeurs aussi se soucient du futur. »
En tant que professeur et
ancien cancre, il a su comment soutenir ses élèves, comment les aider, comme si
ses propres profs ‘sauveurs’ avaient sauvé sa vie en révélant ses talents et en
l’encourageant. Cela m’a beaucoup touchée.
J’ai particulièrement
aimé la façon dont il a consolé son élève du divorce : « deux
divorcés apaisés te seront plus supportables qu’un couple acharné à se détruire »
Un prof responsable est
quelqu’un qui : « quelle que soit la matière qu’il enseigne, un
professeur découvre très vite qu’à chaque question posée, l’élève interrogé
dispose de trois réponses possibles : la juste, la fausse et l’absurde. »
Il a partagé l’inquiétude
des parents anxieux, et il a même pris la parole pour les élèves doués !
Au début, j’avais imaginé que l’auteur allait raconter ses histoires comme cancre (et comme prof, peut-être). Je n’avais jamais imaginé qu’il ait pu ouvrir le débat si largement.
Il était également
sérieux et direct en abordant des sujets qui sont toujours d’actualité :
les problèmes du système d’éducation, les stéréotypes permanents sur les ados
de banlieue, la surconsommation, la tromperie du marketing qui associe une attention
excessive à l’apparence.
« Il n’y a guère que
la journée d’un psychanalyste et le salami du charcutier pour être découpés en
tranches aussi égales…votre comparaison avec le psychanalyste n’est d’ailleurs
pas mauvaise : tous les jours dans son cabinet, le pauvre, à voir défiler
le malheur du monde. »
« Maximilien est à
la fois l’image qui fait peur et celle de ce qui fait vendre, le héros des
films les plus violents et le vecteur des marques les plus portées. »
« filmer ces
violences sur des téléphones portables est une mode nouvelle. On peut même les
monter sur la musique de son choix. » (devinez que cela existe encore et
toujours aujourd’hui)
