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"Ce que j'ai aimé, que je l'aie gardé ou pas, je l'aimerai toujours" [André Breton] . "Je suis au fond de ce que je parais en surface: douce, timide et rêveuse. Même quand la vie se fait cruelle"____ [Erik Orsenna. La grammaire est une chanson douce]
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Gros coup de coeur : La nuit où les étoiles se sont éteintes

J’ai eu la chance de rencontrer les autrices de ce livre, Nine Gorman et Marie Alhinho (elles sont gravement cool !!) avec tous ses fans en participant à une conférence lors du salon du livre à Paris. Ce souvenir sympa m’a fait du bien car j’ai beaucoup aimé ce livre. 

J’ai besoin d’une journée pour relire tous mes highlights et mes notes, il y en a plein, avant d’écrire quelques mots de critiques. Je classe ci-dessous des sujets qui me tiennent au coeur. 

1. Finn et sa mère 
Finn semble d’être un personnage assez …”brut” (je ne sais pas si j’utilise le bon mot), de l’apparence, il bat, il fume, il est tout seul, il n’a besoin de rien et de personne, … sauf sa mère. Cela me donne un goût amer chaque fois il la mentionne. Plus son passé se révèle, plus on voit son côté doux qui se cache profondément dans lui. A cause des blessures qu’il doit supporter, il construit autour de lui une armure pour se protéger.

‘Aucune drogue ne pourrait me faire davantage de bien. Penser à ma mère, c’est tout ce dont j’ai besoin.’ 
‘C’est elle qui me faisait tenir. Elle était la raison pour laquelle je me levais le matin, la raison pour laquelle j’acceptais d’aller en cours, la raison pour laquelle je me tapais presque sept kilomètres à vélo, matin et soir, pour étudier dans un bon lycée, la raison pour laquelle j’essayais d’améliorer mes notes avec l’aide de Nate, la raison pour laquelle je me cassais de cul à bosser dans un foutu café. Elle était la raison de tout. Ma raison de vivre. Maintenant, je ne sais plus comment continuer. Sans étoile, sans repère, sans volonté pour avancer comme je le faisais sous l’impulsion de l’amour que je ressentais pour elle.’ 
‘J’aperçois ma mère comme on distingue une pépite d’or dans la boue d’une rivière.’ ‘Quatorze heures de route pour une heure de visite. Quand on aime, on ne compte pas.’
‘Quand elle lui caresse la joue avec douceur, je ne peux pas m’empêcher d’avoir le coeur serré. C’est égoïste, mais ça me fait mal de voir Nate si heureux et entouré de ses deux parents. Son père est présent pour lui, sa mère lui offre des cadeaux, et moi, pendant ce temps-là, je dois me contenter d’un coup de fil deux fois par mois.’ 
‘Est-ce que tu peux me promettre une chose ? / Bien sûr. Tout ce que tu veux. / Ne laisse pas la noirceur du monde ‘engloutir. Fais confiance aux gens, aime-les. Certains te décevront, mais d’autres seront de belles surprises. / Il faut parfois traverser de mauvais moments pour apprécier les meilleurs à leur juste valeur. Les étoiles n’ont pas besoin de la nuit pour briller, mais toi, tu en as besoin pour les voir.’ ‘T’inquiète pas. Je suis sûr que ça finira par s’arranger. C’est stupide, mais quand il prononce cette phrase, je ne peux pas m’empêcher de penser à ma mère et au gouffre sans fond que son départ a ouvert en moi.’ 
‘Dans le miroir, je vois un type ravagé par la tristesse. Il a remplacé la belle femme brune et pleine de joie qui vérifiait toujours son rouge à lèvres avant de sortir, même quand il n’y avait qu’elle et son fils. Et je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’il aurait mérité de mourir à sa place.’ 

Bref, la lettre qu’il a finalement écrite à sa mère m’a fait beaucoup pleurer. 

2. Finn et Nate 
Ils sont troppppp adorables, ainsi que tous les moments où ils sont ensemble! 

‘Il reste impassible, comme s’il attendait que la tempête passe pour pouvoir s’approcher.
’Comment peut-il rayonner quand, autour de moi, tout semble si sombre? J’ai l’impression de me noyer dans un océan de solitude et lui, il débarque avec ses manières de poète et ses airs de joli coeur.’ 
‘J’ai toujours été trop fier pour demander de l’aide, mais avec lui je n’ai pas à le faire.’ 
‘Ce mec est vraiment bizarre : il s’est tapé toute la route depuis son quartier friqué et m’a attendu deux heures dans le noir, tout ça pour le filer les cours que j’ai manqués.’ 
‘Une petite voix me déconseille de l’inviter à entrer, mais je ne l’écoute pas. Parce que c’est Nate.’ 
‘Je trouve que tu brilles énormément, pour un trou noir.’ 
‘Bordel, il me fait faire n’importe quoi. Je ne le ferais pour personne d’autre.’ 
‘Lorsque je l’aperçois enfin entre les autres élèves qui discutent devant la grille, j’ai l’impression d’avoir le coeur sens dessus dessous.’ 
‘Si t’en doutes, moi, j’ai foi en toi pour deux.’ 
‘On se retrouve donc à traverser la ville à deux sur mon vélo’ (awww, les lycéens) 
‘T’es sûr que c’est ton truc, les garçons? / Je réponds sans même réfléchir - Je sais pas si c’est mon truc, les garçons, mais je sais que mon truc, c’est toi.’ 

Je kiffe Nate, il est très ‘soft’, contrairement à Finn, non? ;) 
‘T’inquiète pas pour moi, je suis plus solide que j’en ai l’air.’ 
‘Il ne répond pas, et je sens qu’un truc ne va pas. Quand je me tourne à nouveau vers lui, il a les yeux fermés. Dans le clair-obscur, je devine les larmes qui perlent sur ses joues.’ 

C’est pas drôle mais c’est tellement drôle la façon dont Finn lance le combat avec le père de son amour, un vrai combat avec les coups de poing et de pied =)), et puis il l’appelle ‘ce putain d’homophobe’ et ‘ce connard qui n’accepte pas son fils.’ 
‘Il ne s’attendait pas à me voir débouler comme un enragé - et encore moins à recevoir une raclée de ma part. On a souvent combattu ensemble pendant des mois. Mais jamais comme ça. Jamais pour faire mal. Cette fois, c’était tout ce que je voulais.’ 

3. Finn et les autres personnes : celles qui restent à son côté, de leur propre façon, l’aident à surmonter des jours difficiles. 
Comme Cliff, l’oncle qui a remplacé pour lui sa mère, et aussi son père, son sacrifice me touche énormément. 
‘Il me tapote l’épaule et ce geste, aussi simple soit-il, me donne soudain le sentiment d’être moins seul.’ 
‘Moi, je venais de me faire renvoyer, et lui, il m’offrait un chat. Je ne comprends pas ce qui lui est passé par la tête.’ 
‘Mon oncle finit par s’approcher de moi et, une main posée sur mon épaule comme s’il mesurait à quel point j’ai grandi depuis mon arrivée sous son toit, il me regarde avec une certaine fierté. Son regard est celui d’un père. D’un père de substitution, certes, mais d’un père quand même. Le seul que j’aie jamais eu et, finalement, je n’ai pas besoin de plus.’ ‘J’ai Cliff et ça me suffit, parce qu’il est un père pour moi, plus que cet inconnu le sera jamais.’ 

Comma la petite fille silencieuse au café 
‘Et je dois avouer que, au milieu du brouhaha perpétuel du café, son silence a quelque chose de réfonfortante’ 

Comme Kenna, la reine chieuse. Une grande part des lecteurs (ou plutôt lectrices) déclarent qu’on la déteste, en levant les mains quand l’autrice pose la question. Pourtant, elle aussi qui est ‘c’est vrai que c’est la reine des chieuses, mais elle n’en reste pas moins ma meilleure amie. Elle sait être là quand on a besoin d’elle. Si la terre s’ouvrait, ici et maintenant, et que l’enfer m’avalait, cette meuf serait capable de venir me chercher et de coller une raclée à Lucifer en personne pour me délivrer.’ 

4. Les autrices ont créé des comparaisons impressionnantes et des formules de phrases attachants 
‘Les fenêtres fermées. Ca fait un bel aquarium pour ta weed” 
“L’assistante sociale est venue me chercher pour me déposer ici comme un colis dont on est pressé de se débarrasser.' 
“Sa voix a beau être réconfortante, l’anxiété se taille une place jusque dans mes os’ 
‘C’est bizarre, cette façon qu’ils ont de me parler comme s’ils marchaient sur des oeufs.’ 
‘La vie est trop laide pour être supportée longtemps’ 
‘Aujourd’hui, on dirait qu’il joue au roi du silence’ (drôle haha parce que Nate est un ‘acteur’.) 
‘La réalité est presque aussi cruelle que les cauchemars.’ 

5. Le livre se compose de deux parties: le passé, tout ce qui se passe autour de Finn quand il déménage pour vivre avec Cliff et commencer dans une nouvelle école, et le présent - le roadtrip des 5 amis. Honnêtement, je suis plus intéressée par le passé, j’attends chaque chapitre pour savoir ce qui s’est passé plutôt que le présent, le présent pour moi est un peu invisible.

joli bouquin | Ainsi gèlent les bulles de savon

 4/5 ⭐️ 

Tout d’abord, je veux dire que tout personnellement, je me reconnais moins dans ce nouveau livre de Marie Vareille, son deuxième que j’ai lu, par rapport à La vie rêvée des chaussettes orphelines, pour lequel j’ai déjà écrit deux articles de critique. La grossesse et surtout la dépression post-partum ne concernent pas ma réalité, me paraissent comme un sujet assez lourd qui me rend désagréable. Peut-être dans quelques années, je m’y retrouverai plus connectée (je l’ai acheté suite à une promotion). 

Toutefois, c’est toujours Marie Vareille que j’ai connue, avec une plume fluide et légère abordant des sujets poignants, avec des phrases qui me donnent la sensation comme si elles parlaient de moi. “Qu’est-ce que tu as à perdre, de toute façon?”. Cette phrase m’aide à avoir moins peur en face des tâches difficiles. Je vais mettre mes citations préférées à la fin de cet article. 

D’autres points que j’aime bien de ce livre : 

 + Il n’y a pas une seule protagoniste mais plusieurs. Chacune est bien construite et se différencie des autres. 

+ Plus je lis, plus je suis surprise par l’histoire. Marie Vareille a réussi. Par exemple, au début quand je lis ces lignes dans le journal intime d’une mère qui abandonne son enfant, “Si tu savais comme j’aurais aimé rayonner de bonheur, m’épanouir dans la maternité, être une mère comme les autres. Je n’ai pas réussi, alors je suis partie.”, j’ai pensé, mais quelle mère qui est aussi froide et qui abandonne son enfant?? Au fur et à mesure, le lecteur découvre son histoire et a plus de compassion pour elle. 

Les points que j’aime moins : 

- Le titre et l’image symbolique des bulles de savon : trop prévisibles, un peu trop rêveurs et théoriques “Personne ne savait que les bulles pouvaient geler. Le monde entier pensait que rien n’était plus fragile, plus éphémère et délicat qu’une bulle de savon. Et c’était faux. À la bonne température et dans le bon environnement, elles savaient résister. Soudain, tous les espoirs étaient permis.” 

- La fin: trop “la vie en rose”, même si je connais bien que c’est un feel-good 


Ci-dessous des jolies expressions/citations : 

- Le parfum ensoleillé de la liberté 

- J’ai été cette fille qu’on ignore (elle parle du métier réceptionniste), séparée des autres par le comptoir de l’entrée, à qui on commande des cafés comme si elle était barista chez Starbucks et contre laquelle on s’énerve quand aucune salle de réunion n’est libre.

- J’aime mon métier. J’aime recevoir des clients et écouter l’histoire de leur marque; réfléchir à de nouvelles stratégies pour que leur produit ou leur concept trouve ses utilisateurs. 

- C’était toujours le même déchirement. Elle avait le sentiment d’être une plante arrachée à son terreau au moment où ses racines commençaient à s’agripper au sol. 

- Il est tellement plus simple d’étiqueter les gens, plutôt que d’essayer de comprendre qui ils sont. 

- J’ai remarqué que je ne pleurais pas quand j’étais en mouvement. 

- Pourquoi la beauté cohabite-t-elle si souvent avec la souffrance? 

- On aura beau brûler des soutiens-gorge, tant qu’une femme dépend financièrement d’un homme, elle n’est pas libre. 

- À côté de mes journées à la maison, mes journées de travail ne sont ni plus ni moins que d’excellents souvenirs de vacances ! 

- Tu sais, c’est comme dans un avion : en cas de dépressurisation, on t’informe qu’il faut enfiler ton masque à oxygène avant d’aider tes enfants à mettre le leur. Si tu n’as plus d’oxygène, tu ne peux pas d’occuper des autres. C’est une question de survie.

Joli bouquin | tout le bleu du ciel | recommendation de lecture d’été

Le livre le plus long que j’ai lu cette année, jusqu’aujourd’hui. Mais je ne crois pas que j’aille lire un autre plus long d’ici fin d’année. 

(Spoiler alert) 

4.8⭐️ … au lieu de 5⭐️ parce que à mon avis quelques parties peuvent s’accélérer. Pourtant, la longueur du livre ne m’ennuie pas du tout. Une belle aventure qui m’apporte beaucoup d’émotions. Elle commence par la maladie mortelle d’Emile, mais ne donne pas une ambiance lourde. A la place : un esprit positif

“Je vais partir, je vais me tirer à l’aventure avec mon sac à dos, un camping-car, comme on en rêvait. Je vais vivre soixante années en une seule. Je te promets. J’aurai zéro regret.”

“Je dois vider mon compte en banque et mon livret A avant de mourir alors…”

Et du coup ça donne envie. Envie d’un voyage duquel on pourrait savourer chaque minute, sans penser qu’au jour n+5, il faut être présent à la gare à exactement xx heures pour rentrer chez eux. 

Le style d’écriture de Mélissa Da Costa est tellement fluid. Au début, on peut clairement connaitre que le point de vue appartient à Emile, malgré la narration à la troisième personne  Joanne apparaît comme une personne silencieuse, réservée, un mystère en permanence. Jusqu’au moment où ses secrets sont révélés, et Emile perd sa conscience au fur et à mesure à cause de la maladie, le point de vue change désormais à la position de Joanne. Aussi fluide la transition des pensées d’Emile et celles de Joanne entre le présent et le passé. 

Deux personnes, un homme et une femme, ensemble pour un voyage étrange. Normalement on va attendre une histoire d’amour passionnante ou quelque chose pareille. Mais ce n’est pas le cas dans ce livre. Pour moi, ils sont deux compagnons de voyage, ils peuvent s’aimer un jour, qui sait. Mais plus que ça, ils sont deux âmes perdus qui se trouvent, qui s’ouvrent l’un à l’autre. “Ils sont sur la même longueur d’onde”.

J’apprécie le fait qu’il sont juste des personnes normales. Emile, comme sa ex-copine a remarqué, un homme qui ne bouge pas. Il ne pense pas à l’avenir, à la construction d’une vraie famille, il continue à faire un travail qu’elle l’aide à trouver, un boulot qui ne le plaît pas. Joanne, une jeune femme qui vit toute sa vie dans une école, qui ne sort pas de son village, qui travaille en tant que “gardienne” de l’école (bref, pas vraiment gardienne mais je ne me souviens pas l’intitulé de son poste). 

Pour Emile, “Elle est la seule personne qui a répondu à son annonce, qui s’est proposée de l’accompagner dans ce dernier périple vers la mort  Ils sont liés, en quelque sorte.”

Pour Joanne, c’est la promesse que son père a tenu. “Si je peux faire quelque chose, alors, je te promets…Je m’arrangerai pour t’envoyer un signe. Le jour où ta vie deviendra trop lourde à porter, je tâcherai de t’envoyer un autre compagnon de voyage.”

Par conséquence, Joanne elle aussi, elle a tenu sa promesse avec Emile jusqu’au bout, malgré tous les difficultés et douleurs que cela apporte (c’est triste d’être oublié par quelqu’un qu’on aime). Une fille ordinaire…mais courageuse. 

La petite fille de Monsieur Linh | beaucoup plus triste que j’imaginais

Je me suis dit que je ne lirais plus de livre sur la guerre pendant une certaine période (voir plus les raisons ici mais l’article est rédigé en vietnamienne), car c’est trop lourd. Finalement j’ai lu La petite fille de Monsieur Linh, premièrement parce que c’est un petit livre et j’ai été persuadée que je pourrais le finir rapidement. Même sa version audio ne dure que plus de 2 heures. 



Un livre vachement court mais m’a faite réfléchir une fois que je l’ai terminé, et hésiter en donnant une note. 3⭐️ou 4⭐️ ? C’est un bon livre, oui, tout à fait. J’aime bien son style et le message livré. Tout est clair, concis, un bouquin pas long mais surtout suffisant. C’est ce que j’apprécie. Juste, personnellement, je ne suis pas habituée à cette sorte de livre assez lourd et poignant. Désolée, c’est simplement le goût. Et finalement j’ai mis 4⭐️. Il le mérite. 

La guerre ne représente pas vraiment le sujet principal de l’oeuvre, mais elle est la raison sur laquelle l’histoire est basée et construite. L’auteur - Philippe Claudel - rappelle seulement quelques informations générales et très vagues de la guerre, un pays paisible, un village tranquille attaqué par l’armée étrangère et tout est détruit. Les villageois morts, les animaux morts, les maisons et arbres brulés. Pas plus de rizière, pas plus fleuve serein... 
C’est la raison pour laquelle Monsieur Linh perd tout ce qui est crucial pour lui. Il doit quitter la terre à laquelle il s’attache. 
« Quitter le bateau, c’est quitter vraiment ce qui le rattache encore à sa terre » 

C’est la raison pourquoi il a apporté une poignée de terre dans ses bagages, et la considère comme de l’or. Il pense sans cesse de son pays natal, la tristesse profonde gênent son coeur chaque jour. 
« La terre du village, noire et limoneuse, qu’il avait travaillé durant toute sa vie, et avant lui son père, et avant lui son grand-père, une terre qui les avait nourris et accueillis au moment de la mort » 
« Il ferme les yeux et s’endort en songeant aux parfums du pays natal » 

On sent vraiment la nostalgie sous les plumes de l’auteur tout le long du livre et il les exprime par une variété d’expressions et d’images, belles et douloureuses. 
« Il sent vraiment son coeur se pincer, alors il pose fortement sa main libre sur sa poitrine, à la place du coeur, pour faire cesser le pincer » 

La nouvelle vie est inconnue, ainsi que les gens. 
« La soupe entre dans sa bouche et dans son corps, et c’est soudain tout l’inconnu de sa vie nouvelle qui vient en lui »
« Les hommes et les femmes marchent très vite, comme si leur survie en dépendait »
« S’il avait été seul, il ne serait même pas là, dans ce pays qui n’est pas le sien » 

Une nouvelle vie qui est totalement contraire à ce dont il rêve
« Dans l’arrière-pays, dans un village, n’importe lequel, au milieu des champs, près des forêts, d’une rivière, un petit village si ça existe encore, où tout le monde serait connu et dit bonjour. Pas comme ici »

C’est également la raison pour laquelle son ami, Monsieur Bark, même s’ils ne se comprennent pas, ne parlent pas une même langue, dès qu’il reconnait que Monsieur Linh vient du pays où il est arrivé et a déclenché la guerre et a tué les gens, il sanglote pendant long temps. Il regrette tout ce qu’il a fait. C’est au moins un bon signe. Donc dans cet oeuvre, Philippe Claude aborde un différent point de vue sur la guerre, sans bombe directe, pas de sang, sans soldat ou fusil, mais tout ce qu’elle cause, la mélancolie, la perte et le regret. 
« Je vous demande pardon, pardon... pour tou ce que j’ai fait à votre pays, à votre peuple. Je n’étais qu’in gamin, un sale con de gamin qui a tiré, qui a détruit, qui a tué sans doute... Je suis un vrai salaud » 

On découvre aussi l’amitié entre deux hommes inconnus et perdus, une évolution naturelle et sympa. Pas à pas ils deviennent plus proches, plus sincères même s’ils ne parlent pas la même langue. Ils se racontent leur vies, Ils pleurent et rient ensemble. Leur voix deviennent si familière à l’autre. Ils s’offrent des cadeaux, ils prennent le café ou le repas ensemble. Ils se consolent par mettant la main sur l’épaule ou se serrant la main.

Un joli bouquin.

joli bouquin | Sauveur & fils

 


Je suis très contente de pouvoir dessiner moi-même une illustration pour un livre que j'aime beaucoup (même si elle n'est pas totalement correcte car Sauveur est détaillé comme un psychologue de 1,9 mètres d'hauteur). J'ai mentionné ce livre dans un autre article dans un autre blog en vietnamien (👉cliquez si vous comprenez cette langue), qui parle des livres et films psychologiques. J'aimais toujours Marie-Aude Murail, je l'ai su dès la première fois où j'ai lu son livre bien connu "Oh boy" il  y a plusieurs années. 

Je suppose qu'elle est aussi connue en France, car dans la bibliothèque une grande étagère n'est réservée que pour ses oeuvres. Quant à Sauveur et fils, c'est une série composant de 6 saisons (mince, 6 saisons!!!) et chaque saison est tellement épaise (ok, j'admire la capacité de Marie-Aude Murail). Quand j'ai commencé avec la saison 1, j'ai pensé que comment un livre d'adolescent peut être si lourd (et imprimé sur le papier aussi épais), j'ai voulu pleurer chaque fois je l'ai apporté avec moi pour lire dans les transports communs. 
Je change mon avis. D'une part, après avoir fini les livres voire beaucoup plus lourds tels sont L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón et Kane & Abel de Jeffrey Archer. D'autre part, comme j'ai dit au dessus, je préfère le livre et je pardonne tout et je continuerai sans doute les prochaines saisons. 
Je reconnais le style de Marie-Aude Murail, et honnêtement, son style n'est pas facile à lire et surtout je déteste le passé simple. Par contre, elle me surprend tout temps, elle exprime des choses dures et pénibles avec la délicatesse et l'adresse, dans un livre destiné aux enfants. Des sujets "choquants" tels sont : le racisme 
"Lazare poussa la grille du jardin puis la porte de la véranda, qu'aucune clé ne fermait, et Louise se fit la réflexion que cette confiance dans le voisinage était un trait de moeurs antillaises. Etait-ce raciste de le penser? se demanda-t-elle, saisie d'un nouveau scrupule. D'ailleurs, n'est-ce pas la preuve de son racisme de se demander si on est raciste?"

une fille qui a envie de devenir un garçon
"- Le soir, avant de m'endormir, je pars dans mon monde. Je m'appelle Elliot à la place d'Ella. J'ai des superpouvoirs, j'entre dans le coeur des gens et je peux le faire exploser quand ils sont méchants... Et il y a une fille qui est amoureuse de moi, c'est la fille du roi...
- Tu as beaucoup de chance de pouvoir te raconter ces histoires. L'imagination, c'est quelque chose de magique et ça exprime des choses de nous très profondes.
- On vit tous avec un double, qui est nous dans un autre monde. C'est pour ça qu'on lit, on va au cinéma, qu'on joue aux jeux vidéo, qu'on s'identifie à des personnages, qu'on part sur Internet dans des univers virtuels. Tu as un royaume à toi, Ella, où tu es le prince Elliot."

le monde d'adulte, la divorce, l'échec, les comportements mauvais des parents, l'abus sexuel sur mineur 😥...
"La petite Ella porta les mains à ses oreilles. Saint-Yves regarda autour de lui, incrédule. En quelques secondes, trois vies dévastées. C'était ça, la psychothérapie?

Je fais un stage. Ca fait 4 ans que je fais des stages. A 300 euros par mois pour dix heures de taf par jour. J'ai un Master de communication. ... (ça brise mon coeur)... La seule chose qui me console, c'est que 80% de mes anciens condiciples sont dans le même cas. On fait semblant d'avoir un travail, on dit aux gens: "Je suis chez Veolia" ou "Je bosse pour une grosse agence de pub". Et c'est vrai qu'on travaille comme si on était des cadres, peut-être même qu'on travaille plus, plus tard le soir, plus dur, parce qu'on espère être embauchée... à la fin du stage. Mais au bout de 3 mois, on nous jette comme un Kleenex, on nous remplace par un autre stagaire à 300 euros. 

- Vous savez, les adultes, ils promettent des trucs...
- ... et ils ne tiennent pas leurs promesses? Tu es sévère avec les adultes, Ella. Il faut leur laisser une chance. Ils peuvent faire des progrès, eux aussi." 



J'apprécie beaucoup comment elle est délicate dans ses mots, comment elle apporte une ambiance positive au bout de toutes ces drames et elle me fait rire plein de fois. 
"Au lit, maintenant! coupa Saint-Yves, qui voulait garder l'usage des Kleenex pour ses patients.
L'homme est un animal dénaturé. On ne voit pas beaucoup de vaches au volant d'une voiture.
- Il voulait me tuer?! Le frère de maman!
- Mais je lui ai fait peur avec une louche! fanfaronna Gabin.
De tout ce qui s'est passé, c'était ce qui lui semblait le plus marquant." 


 

bouquin | Comment j'écris

 Je lis ce livre parce que j'aime bien l'écriture (vous le savez, non, si vous suivez ce blog 😏), et parce que son titre. L'oeuvre est développé sous forme d'un entretien avec les questions et réponses entre M. Fottorino - Directeur de l'hebdomadaire Le 1, et Leïla Slimani, une écrivain, l'auteur de "Chanson douce". 

Un bouquin vraiment léger qu'on peut finir rapidement. La façon dont M. Fottorino pose les questions est assez vagues, pour que Leïla Slimani puisse se concentrer sur ce qu'elle veut. Je ne lis pas encore Leïla, ses oeuvres abordent des sujets durs et froids que je ne suis pas sure si j'oserai de lire. Peut-être parce qu'avant de devenir une auteure, elle était une journaliste. La manière dont elle a donné les réponses, j'aime bien, elle est directe et claire. Comme Fottorino déclare : 

"Il n'y a jamais un mot en trop, il n'y a jamais un mot pour rien. C'est quelque chose qui a l'air très simple quand on la lit, et puis évidemment, comme toujours chez les grands auteurs, quand c'est simple, c'est que c'est compliqué."  

J'admire les auteurs qui sont capable de maitriser cet art. On n'a pas besoin de raconter des choses compliquées par un ton compliqué. 

Je note ci-dessous quelques points intéressants, comment elle écrit et comment elle raconte ce fait en tant qu'un écrivain et en tant qu'une femme, une mère.

illustré par l'image de mon carnet 😎

bouquin | Juste avant le bonheur

 J'ai vu le nom de l'auteure de ce livre - Agnès Ledig il y a trois années pour la première fois et à partir de ce moment là, j'avais toujours envie d'essayer ses oeuvres. C'était sur le métro 8 partant de Créteil, j'ai vu une passagère, une femme afro qui ne ressemblait pas du tout à une "Cadre", et qui a lu attentivement un bouquin. Son apparence, son absolue concentration me rendaient curiosité, "qu'est-ce qu'elle lit? Est-ce tellement bon?" . J'ai fait d'effort pour capter le nom du livre : on regrettera plus tard d'Agnès Ledig. 

Et bah, j'ai finalement fini son oeuvre "Juste avant le bonheur", et je conclus que son style ne me convient pas. Cela ne veut dire pas qu'elle n'est pas une écrivain talentueuse. C'est juste un peu trop littéraire pour moi, il y a des tas de nouveaux mots et de conversations en langage familiale que je n'arrive pas à comprendre. Les évènements et la relation entre les personnages développent d'une façon incroyablement rapide. De plus, la dernière partie racontée sous le point de vue de Julie me semble négligeable. 

Sinon, le point positif est que j'ai pu ramasser plein de citations qui parlent de la vie et surtout la tristesse. Les émotions du personnage principal - Julie - une mère seule très jeune, mais aime son fils de tout son coeur, sont bien exprimées et m'ont franchement touchée. J'ai eu envie de pleurer.

Bon, ci-dessous vous trouverez mes citations préférées. Alerte : elles sont assez longues.

Bonne lecture ! 😎

"Finalement, je ne suis pas si mal dans mon supermarché. Le seul risque que je cours, c’est de casser un bocal, de faire une erreur de caisse, de tomber sur un paquet de farine entr’ouvert, ou d’oublier un antivol. Aucune vie en jeu dans tout ça.

Je n’avais jamais vraiment réfléchi à ces métiers qui ont des cœurs qui battent au bout des doigts. Jérôme a gardé son calme. Je le sentais pourtant inquiet. Il ne l’a pas montré à sa remplaçante, qui, elle, l’était vraiment. Je crois que je me serais décomposée à leur place. Il faut une sacrée force de caractère pour affronter des situations pareilles."

👉 Certainement la citation que j'aime le plus. Une petite comparaison et le terme "au bout des doigts" évoquent clairement chez moi comment le métier de médecin est dur.

The devotion of Suspect X


C’est la première fois où j’écris la critique d’un livre en anglais. Je ne sais pas où la publier, alors je poste sur mon blog français parmi mes autres articles en français. C’est un bon livre et je recommande.

The devotion of Suspect X


One of the things which satisfy me recently is the decision to read this book. And it’s the very first time I want to write a book review in English, so I don’t know where to publish it, so I just post on my French blog among my other articles in French.

The author is Japanese, and I admit that the translation from Japanese into English was well done. Partly because of the writing style of the author, the story is easy to understand, simple but, as always, the simplest thing touches the heart more easily. He uses the murder as the background, to talk about deeper things, about slices of life, about human, and about a lot of conflicts that everybody faces. The conflict is that, nothing, no one, is extremely good or extremely bad. He uses math as the core to build the crime, it’s surprising enough, and absolutely logical !

“Things would be different if there were even one piece of the puzzle that didn’t fit, but there’s nothing. It’s perfect.”