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"Ce que j'ai aimé, que je l'aie gardé ou pas, je l'aimerai toujours" [André Breton] . "Je suis au fond de ce que je parais en surface: douce, timide et rêveuse. Même quand la vie se fait cruelle"____ [Erik Orsenna. La grammaire est une chanson douce]
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Gratitudes 2022

Le carnet de gratitudes 2022 partagé par French with Jeanne est vachement intéressant. 

J’ai écrit pas mal d’articles en anglais et en vietnamien sur mon autre blog mais pas assez d’articles en français. Désolée. 

Bon, laisse finir cette année en découvrant qu’est-ce qu’il y a dans ce carnet. 

 ‘J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé’ _ Voltaire 

Alexis Michalik

Brouillon édité en mai 2021 et finalement il peut être publié aujourd’hui, après que j’ai vu le 5è oeuvre d’Alexis Michalik qui est Edmond il y a 2 semaines. On peut compter aussi ‘Les Producteurs’ mise en scène par lui mais il n’est pas auteur et honnêtement cette pièce n’est pas mon coup de coeur.

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J'envisage de publier un article sur Alexis Michalik - le metteur en scène français qui est officiellement devenu mon nouvel idol 😊, après avoir vu toutes ses pièces (il m'en reste une qui est Edmond), ainsi qu'avoir lu quelques textes intégraux.

Une semaine équilibre

Et alors? Il n’y a aucune raison pour laquelle je n’écris pas en français quand je raconte ma vie à Paris. En plus, l’écriture en français me manque, vraiment. Même quand j’écris ces lignes là, je me sens un peu étrange, et en même temps très contente! 

Bref, j’ai eu une semaine assez équilibre. Equilibre entre être toute seule et prendre du temps à côté des autres, entre rester chez moi et sortir, entre manger chez moi et au resto (pour une introvertie, c’est TOP). Et il faisait beau toute la semaine. Et j’ai pris de jolies photos qui me motivent d’écrire un article pour que je puisse les partager. 

Changer l’eau des fleurs : du livre au théâtre

L’introduction du fond de l’histoire : impressionnante ! Cela me rassure que j’ai fait la bonne décision quand j’ai acheté ce livre lors d’un jour spécial ( j’achète rarement les livres maintenant comme je peux tous emprunter à la bibliothèque).

“Mes voisins de paliers n’ont pas froid aux yeux. Ils n’ont pas de soucis, ne tombent pas amoureux... ils ne lisent pas, ne payent pas d’impôts,... ils ne sont pas lèche-cul, ambitieux, ...Ils sont morts. La seule différence entre eux, c’est le bois de leur cercueil : chêne, pin ou acajou.”

Et c’est tout… tout ce que j’ai écris en avril, le mois où j’ai acheté ce livre. J’en ai lu un peu plus de 30%, puis je me suis arrêtée. Ce n’est pas parce que le livre est nul, non, au contraire, je confirme que c’est certainement un joli bouquin! Si vous pouvez voir le nombre de marque-pages que j’ai collées tout au long du 30% du livre, vous le saurez. Mais un livre pas facile à lire, pas un genre de lecture rapide.

Et il y a quelques jours, j’ai vu la pièce de théâtre adaptée de ce livre. C’est la pièce qui m’impressionne la plus cette année, celle dont je veux parler ici, sur mon blog. En fait, cette année n’est pas une année très dynamique concernant mon séjour de théâtre. J’ai moins de subvention, je dépense moins au théâtre, en plus il y a moins de pièces qui m’attirent. Et honnêtement, quelques pièces que j’ai décidé de regarder ne me plaisent pas 100% (bref, on peut dire que ce n’est pas mon goût), même si elles sont mises en scène par les stars comme Jean-Philippe Daguerre ou Alexis Michalik. A côté de “Changer l’eau des fleurs”, “Les Franglaises” est aussi une pièce géniale, les comédiens/comédiennes sont tous talentueux et très énergétiques. C’est pas vraiment la comédie musicale mais une combinaison entre théâtre et concert, ça apporte la nouveauté, l’originalité et beaucoup de créativité. J’ai bien dansé et chanté avec eux.

Bon, je reviens au sujet principal de l’article ;). Une pièce plus que géniale!!! Le théâtre Lepic tout mignon se situe en haut du Montmartre, calme, sympa et illuminant le soir. (Aussi une chance pour moi de découvrir ce côté de Montmartre à cette heure). 

La scène est aussi petite, la salle pareille mais complète, et que deux acteurs, une actrice mais ils apportent plein d’émotions aux spectateurs. Cette fois, je me suis située au premier rang, pas au milieu mais c’est pas grave, donc toute proche de la scène et les comédiens. L’histoire et leurs expressions si sincères m’ont donné envie de pleurer, de vivre dans cette histoire. La narration est spéciale et garde excellemment l’esprit du livre et le style de narration de Valérie Perrin.

Ok, la pièce m’a fait connaitre par avance les surprises du livre. Mais encore une fois, c’est pas grave. Cela ne me donne que la motivation de continuer à lire et finir ce joli bouquin le plus vite possible! 

Merci pour cette belle dernière expérience théâtrale de l’année 2021 :)


// Mise à jour après avoir terminé le livre //

De toute sa beauté et complexité… des personnages totalement normaux: un métier tel est garde-cimetière, un métier qu’on ignore que ça existe; un homme égoïste qui vit des jours de sa vie sans plan ni désire, il ne s’intéresse qu’à deux choses, les jeux vidéo et sa moto…; des beaux-parents détestables mais finalement on sait que ce n’est pas leur faute (pas vraiment) pour tout ce drame. 

Des personnages qu’on peut détester mais finalement on ressentit de la pitié pour eux. Philippe Toussaint, Gabriel, Irène, les amours désespérés, mais aussi chaleureux, la culpabilité… Je ne sais pas pourquoi mais je suis quelque part contente pour Philippe. Il a pu vivre ses dernières années, étant 100% lui, à côté de la femme qu’il aime, la seule femme qu’il aime de toute sa vie. 


La plume de Valérie Perrin est trop belle, littéraire mais trop belle. Ce n’est pas une lecture rapide mais si attractive que je ne peux jamais abandonner. Même si j’ai acheté ce livre le 14 avril 2021 (un jour spécial pour moi) et je l’ai terminé en janvier 2022. Beaucoup et beaucoup de marques-pages que je ne peux pas tout citer.


[ Challenge d’écriture en 7 jours ] 10 choses qui vous remontent le moral en toutes circonstances

 7 days Writing prompts 

Encore un sujet sympa, suite au Jour 2 (tes 5 choses préférées récemment) et Jour 4 (5 impacts positifs de Covid) 😎 

1. Dormir
Seulement quand on dort, on ne pense à rien. Le sommeil est la meilleure façon qui m’aide à m’échapper des problèmes temporairement. 

 2. La nature 
J’ai aperçu que la nature a une puissance énorme de guérison. Quand je ne sens pas bien, être au milieu de la nature, dans une forêt, devant la mer, oui plus facilement, dans un parc, regarder le vert relaxant, écouter le son de l’eau qui coule, ça me détend définitivement. 

3. Être toute seule 
Une fois que mon moral est bas, je n’ai aucune envie de côtoyer les autres, même avec les personnes très proches je n’ai pas envie de sourire, bavarder. J’ai besoin de la solitude pour me calmer, arranger les pensées en désordre dans ma tête avant de les confier à quelqu’un d’autre. Quand je suis au bureau, les toilettes est un endroit idéal bien privé où je peux me cacher pendant juste quelques minutes, laisser passer le stress ou les angoisses. 

4. Écrire le journal intime 
L’écriture du journal intime m’est une activité importante. Surtout l’écriture manuscrite avec un carnet et un stylo. Elle n’arrive pas à remonter mon moral de manière immédiate, mais elle me rend mieux certainement. Vous pourriez retrouver cet article dans lequel j’ai partagé un podcast de French with Jeanne et ses pensées sur l’écriture. Je reconnais mes pensées dans les siennes. Un extrait : 
D’ailleurs, c’est vraiment cela pour moi l’écriture : un moyen pour aller mieux. J’écris parce que ça me fait du bien. Certaines personnes écoutent de la musique, d’autres font du sport, d’autres bricolent... Moi, j’écris. J’écris lorsque j’ai trop de pensées et que j’ai du mal à les organiser, ou que je me sens submergée par elles. J’ai l’impression de vider mon cerveau, comme si j’avais besoin de place pour de nouvelles pensées. 

[ Challenge d’écriture en 7 jours ] Quelque chose qui t’a fait du mal

7 days Writing prompts 

Bonjour, bienvenue au troisième jour du challenge. Ça devient déjà ma routine, le matin je me réveille, quand ma tête est encore fraiche, j’ouvre mon iPad, y connecte le clavier, joue la musique piano douce sur Spotify et commence à voir quel est le sujet d’aujourd’hui. Comme annoncé dans l’article du Jour 1 (cliquez pour en savoir plus), j’ai écrit sur le Jour 2 en anglais et l’ai hébergé sur mon blog anglais (cliquez pour le lire si vous vous y intéressez). 

Le sujet d’aujourd’hui est “Share something you struggle with? How can you overcome it?”. Je réfléchis toujours comment traduire le mot “struggle” de l’anglais vers le français, je ne trouve jamais le terme avec la nuance équivalente. Donc j’ai mis “quelque chose qui t’a fait du mal et comment tu l’as surmontée”. Je triche un peu car j’ai utilisé le passé comme le temps des verbes. J’ai plus de confiance en partageant quelque obstacle que j’ai surmonté plutôt que celui dont je suis en train de chercher la solution. 

Je suis introvertie. Mon introversion ne me fait pas du mal, mais les attitudes des autres vers ce caractère de moi me font souffrir. Je ne compte pas combien de fois qu’on m’a questionnée pourquoi je ne dis presque rien. Non seulement les inconnus mais aussi les professeurs à l’école, et voire mes parents, quelques fois. Comme si le silence est une vraie culpabilité, je ne le comprends pas.

[ Challenge d’écriture en 7 jours ] Une chose sympathique que les gens t’ont dite

7 days Writing prompts 

Avant mon écriture sur le sujet du jour, je veux expliquer un peu. Je reprends ce challenge d’une blogueuse à qui je m’abonne. Un challenge très adorable, elle a même préparé des jolies illustrations. En plus, j’ai besoin d’écrire quotidiennement et j’ai besoin des idées. Je vais suivre ce challenge en alternant entre le français et l’anglais. Les articles en anglais, vous pourriez les trouver sur mon deuxième blog : travellingpoisson.wordpress

Le sujet du jour 1 concerne parfaitement l’activité d’écriture. C-à-d j’ai participé à une formation de rédaction (business writing) en ligne sur le site Edx, fournie par l’université Berkeley. Au long de la formation, les apprenants doivent faire des exercices, les publient pour que les autres apprenants puissent les lire et laisser des commentaires, et moi-même je fais la même chose aux autres. Donc, j’ai reçu un commentaire que je me tiens à coeur : 

“And I see you are a steady writer, it surprises me you are in this course.”

La traduction : Je vois que tu as une plume confirmée, ça me surprend que tu suives ce cours. Merci, merci beaucoup l’inconnu ❤️ ! L’écriture pour moi n’est pas simplement un loisir, mais aussi une compétence que je dois maitriser pour ma vie professionnelle. Il y a quelqu’un qui approuve ma capacité, cela me motive, m’affirme que je suis en train de suivre quelque chose dont je suis capable. 

Joli bouquin | tout le bleu du ciel | recommendation de lecture d’été

Le livre le plus long que j’ai lu cette année, jusqu’aujourd’hui. Mais je ne crois pas que j’aille lire un autre plus long d’ici fin d’année. 

(Spoiler alert) 

4.8⭐️ … au lieu de 5⭐️ parce que à mon avis quelques parties peuvent s’accélérer. Pourtant, la longueur du livre ne m’ennuie pas du tout. Une belle aventure qui m’apporte beaucoup d’émotions. Elle commence par la maladie mortelle d’Emile, mais ne donne pas une ambiance lourde. A la place : un esprit positif

“Je vais partir, je vais me tirer à l’aventure avec mon sac à dos, un camping-car, comme on en rêvait. Je vais vivre soixante années en une seule. Je te promets. J’aurai zéro regret.”

“Je dois vider mon compte en banque et mon livret A avant de mourir alors…”

Et du coup ça donne envie. Envie d’un voyage duquel on pourrait savourer chaque minute, sans penser qu’au jour n+5, il faut être présent à la gare à exactement xx heures pour rentrer chez eux. 

Le style d’écriture de Mélissa Da Costa est tellement fluid. Au début, on peut clairement connaitre que le point de vue appartient à Emile, malgré la narration à la troisième personne  Joanne apparaît comme une personne silencieuse, réservée, un mystère en permanence. Jusqu’au moment où ses secrets sont révélés, et Emile perd sa conscience au fur et à mesure à cause de la maladie, le point de vue change désormais à la position de Joanne. Aussi fluide la transition des pensées d’Emile et celles de Joanne entre le présent et le passé. 

Deux personnes, un homme et une femme, ensemble pour un voyage étrange. Normalement on va attendre une histoire d’amour passionnante ou quelque chose pareille. Mais ce n’est pas le cas dans ce livre. Pour moi, ils sont deux compagnons de voyage, ils peuvent s’aimer un jour, qui sait. Mais plus que ça, ils sont deux âmes perdus qui se trouvent, qui s’ouvrent l’un à l’autre. “Ils sont sur la même longueur d’onde”.

J’apprécie le fait qu’il sont juste des personnes normales. Emile, comme sa ex-copine a remarqué, un homme qui ne bouge pas. Il ne pense pas à l’avenir, à la construction d’une vraie famille, il continue à faire un travail qu’elle l’aide à trouver, un boulot qui ne le plaît pas. Joanne, une jeune femme qui vit toute sa vie dans une école, qui ne sort pas de son village, qui travaille en tant que “gardienne” de l’école (bref, pas vraiment gardienne mais je ne me souviens pas l’intitulé de son poste). 

Pour Emile, “Elle est la seule personne qui a répondu à son annonce, qui s’est proposée de l’accompagner dans ce dernier périple vers la mort  Ils sont liés, en quelque sorte.”

Pour Joanne, c’est la promesse que son père a tenu. “Si je peux faire quelque chose, alors, je te promets…Je m’arrangerai pour t’envoyer un signe. Le jour où ta vie deviendra trop lourde à porter, je tâcherai de t’envoyer un autre compagnon de voyage.”

Par conséquence, Joanne elle aussi, elle a tenu sa promesse avec Emile jusqu’au bout, malgré tous les difficultés et douleurs que cela apporte (c’est triste d’être oublié par quelqu’un qu’on aime). Une fille ordinaire…mais courageuse. 

La petite fille de Monsieur Linh | beaucoup plus triste que j’imaginais

Je me suis dit que je ne lirais plus de livre sur la guerre pendant une certaine période (voir plus les raisons ici mais l’article est rédigé en vietnamienne), car c’est trop lourd. Finalement j’ai lu La petite fille de Monsieur Linh, premièrement parce que c’est un petit livre et j’ai été persuadée que je pourrais le finir rapidement. Même sa version audio ne dure que plus de 2 heures. 



Un livre vachement court mais m’a faite réfléchir une fois que je l’ai terminé, et hésiter en donnant une note. 3⭐️ou 4⭐️ ? C’est un bon livre, oui, tout à fait. J’aime bien son style et le message livré. Tout est clair, concis, un bouquin pas long mais surtout suffisant. C’est ce que j’apprécie. Juste, personnellement, je ne suis pas habituée à cette sorte de livre assez lourd et poignant. Désolée, c’est simplement le goût. Et finalement j’ai mis 4⭐️. Il le mérite. 

La guerre ne représente pas vraiment le sujet principal de l’oeuvre, mais elle est la raison sur laquelle l’histoire est basée et construite. L’auteur - Philippe Claudel - rappelle seulement quelques informations générales et très vagues de la guerre, un pays paisible, un village tranquille attaqué par l’armée étrangère et tout est détruit. Les villageois morts, les animaux morts, les maisons et arbres brulés. Pas plus de rizière, pas plus fleuve serein... 
C’est la raison pour laquelle Monsieur Linh perd tout ce qui est crucial pour lui. Il doit quitter la terre à laquelle il s’attache. 
« Quitter le bateau, c’est quitter vraiment ce qui le rattache encore à sa terre » 

C’est la raison pourquoi il a apporté une poignée de terre dans ses bagages, et la considère comme de l’or. Il pense sans cesse de son pays natal, la tristesse profonde gênent son coeur chaque jour. 
« La terre du village, noire et limoneuse, qu’il avait travaillé durant toute sa vie, et avant lui son père, et avant lui son grand-père, une terre qui les avait nourris et accueillis au moment de la mort » 
« Il ferme les yeux et s’endort en songeant aux parfums du pays natal » 

On sent vraiment la nostalgie sous les plumes de l’auteur tout le long du livre et il les exprime par une variété d’expressions et d’images, belles et douloureuses. 
« Il sent vraiment son coeur se pincer, alors il pose fortement sa main libre sur sa poitrine, à la place du coeur, pour faire cesser le pincer » 

La nouvelle vie est inconnue, ainsi que les gens. 
« La soupe entre dans sa bouche et dans son corps, et c’est soudain tout l’inconnu de sa vie nouvelle qui vient en lui »
« Les hommes et les femmes marchent très vite, comme si leur survie en dépendait »
« S’il avait été seul, il ne serait même pas là, dans ce pays qui n’est pas le sien » 

Une nouvelle vie qui est totalement contraire à ce dont il rêve
« Dans l’arrière-pays, dans un village, n’importe lequel, au milieu des champs, près des forêts, d’une rivière, un petit village si ça existe encore, où tout le monde serait connu et dit bonjour. Pas comme ici »

C’est également la raison pour laquelle son ami, Monsieur Bark, même s’ils ne se comprennent pas, ne parlent pas une même langue, dès qu’il reconnait que Monsieur Linh vient du pays où il est arrivé et a déclenché la guerre et a tué les gens, il sanglote pendant long temps. Il regrette tout ce qu’il a fait. C’est au moins un bon signe. Donc dans cet oeuvre, Philippe Claude aborde un différent point de vue sur la guerre, sans bombe directe, pas de sang, sans soldat ou fusil, mais tout ce qu’elle cause, la mélancolie, la perte et le regret. 
« Je vous demande pardon, pardon... pour tou ce que j’ai fait à votre pays, à votre peuple. Je n’étais qu’in gamin, un sale con de gamin qui a tiré, qui a détruit, qui a tué sans doute... Je suis un vrai salaud » 

On découvre aussi l’amitié entre deux hommes inconnus et perdus, une évolution naturelle et sympa. Pas à pas ils deviennent plus proches, plus sincères même s’ils ne parlent pas la même langue. Ils se racontent leur vies, Ils pleurent et rient ensemble. Leur voix deviennent si familière à l’autre. Ils s’offrent des cadeaux, ils prennent le café ou le repas ensemble. Ils se consolent par mettant la main sur l’épaule ou se serrant la main.

Un joli bouquin.

joli bouquin | Sauveur & fils

 


Je suis très contente de pouvoir dessiner moi-même une illustration pour un livre que j'aime beaucoup (même si elle n'est pas totalement correcte car Sauveur est détaillé comme un psychologue de 1,9 mètres d'hauteur). J'ai mentionné ce livre dans un autre article dans un autre blog en vietnamien (👉cliquez si vous comprenez cette langue), qui parle des livres et films psychologiques. J'aimais toujours Marie-Aude Murail, je l'ai su dès la première fois où j'ai lu son livre bien connu "Oh boy" il  y a plusieurs années. 

Je suppose qu'elle est aussi connue en France, car dans la bibliothèque une grande étagère n'est réservée que pour ses oeuvres. Quant à Sauveur et fils, c'est une série composant de 6 saisons (mince, 6 saisons!!!) et chaque saison est tellement épaise (ok, j'admire la capacité de Marie-Aude Murail). Quand j'ai commencé avec la saison 1, j'ai pensé que comment un livre d'adolescent peut être si lourd (et imprimé sur le papier aussi épais), j'ai voulu pleurer chaque fois je l'ai apporté avec moi pour lire dans les transports communs. 
Je change mon avis. D'une part, après avoir fini les livres voire beaucoup plus lourds tels sont L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón et Kane & Abel de Jeffrey Archer. D'autre part, comme j'ai dit au dessus, je préfère le livre et je pardonne tout et je continuerai sans doute les prochaines saisons. 
Je reconnais le style de Marie-Aude Murail, et honnêtement, son style n'est pas facile à lire et surtout je déteste le passé simple. Par contre, elle me surprend tout temps, elle exprime des choses dures et pénibles avec la délicatesse et l'adresse, dans un livre destiné aux enfants. Des sujets "choquants" tels sont : le racisme 
"Lazare poussa la grille du jardin puis la porte de la véranda, qu'aucune clé ne fermait, et Louise se fit la réflexion que cette confiance dans le voisinage était un trait de moeurs antillaises. Etait-ce raciste de le penser? se demanda-t-elle, saisie d'un nouveau scrupule. D'ailleurs, n'est-ce pas la preuve de son racisme de se demander si on est raciste?"

une fille qui a envie de devenir un garçon
"- Le soir, avant de m'endormir, je pars dans mon monde. Je m'appelle Elliot à la place d'Ella. J'ai des superpouvoirs, j'entre dans le coeur des gens et je peux le faire exploser quand ils sont méchants... Et il y a une fille qui est amoureuse de moi, c'est la fille du roi...
- Tu as beaucoup de chance de pouvoir te raconter ces histoires. L'imagination, c'est quelque chose de magique et ça exprime des choses de nous très profondes.
- On vit tous avec un double, qui est nous dans un autre monde. C'est pour ça qu'on lit, on va au cinéma, qu'on joue aux jeux vidéo, qu'on s'identifie à des personnages, qu'on part sur Internet dans des univers virtuels. Tu as un royaume à toi, Ella, où tu es le prince Elliot."

le monde d'adulte, la divorce, l'échec, les comportements mauvais des parents, l'abus sexuel sur mineur 😥...
"La petite Ella porta les mains à ses oreilles. Saint-Yves regarda autour de lui, incrédule. En quelques secondes, trois vies dévastées. C'était ça, la psychothérapie?

Je fais un stage. Ca fait 4 ans que je fais des stages. A 300 euros par mois pour dix heures de taf par jour. J'ai un Master de communication. ... (ça brise mon coeur)... La seule chose qui me console, c'est que 80% de mes anciens condiciples sont dans le même cas. On fait semblant d'avoir un travail, on dit aux gens: "Je suis chez Veolia" ou "Je bosse pour une grosse agence de pub". Et c'est vrai qu'on travaille comme si on était des cadres, peut-être même qu'on travaille plus, plus tard le soir, plus dur, parce qu'on espère être embauchée... à la fin du stage. Mais au bout de 3 mois, on nous jette comme un Kleenex, on nous remplace par un autre stagaire à 300 euros. 

- Vous savez, les adultes, ils promettent des trucs...
- ... et ils ne tiennent pas leurs promesses? Tu es sévère avec les adultes, Ella. Il faut leur laisser une chance. Ils peuvent faire des progrès, eux aussi." 



J'apprécie beaucoup comment elle est délicate dans ses mots, comment elle apporte une ambiance positive au bout de toutes ces drames et elle me fait rire plein de fois. 
"Au lit, maintenant! coupa Saint-Yves, qui voulait garder l'usage des Kleenex pour ses patients.
L'homme est un animal dénaturé. On ne voit pas beaucoup de vaches au volant d'une voiture.
- Il voulait me tuer?! Le frère de maman!
- Mais je lui ai fait peur avec une louche! fanfaronna Gabin.
De tout ce qui s'est passé, c'était ce qui lui semblait le plus marquant." 


 

bouquin | Comment j'écris

 Je lis ce livre parce que j'aime bien l'écriture (vous le savez, non, si vous suivez ce blog 😏), et parce que son titre. L'oeuvre est développé sous forme d'un entretien avec les questions et réponses entre M. Fottorino - Directeur de l'hebdomadaire Le 1, et Leïla Slimani, une écrivain, l'auteur de "Chanson douce". 

Un bouquin vraiment léger qu'on peut finir rapidement. La façon dont M. Fottorino pose les questions est assez vagues, pour que Leïla Slimani puisse se concentrer sur ce qu'elle veut. Je ne lis pas encore Leïla, ses oeuvres abordent des sujets durs et froids que je ne suis pas sure si j'oserai de lire. Peut-être parce qu'avant de devenir une auteure, elle était une journaliste. La manière dont elle a donné les réponses, j'aime bien, elle est directe et claire. Comme Fottorino déclare : 

"Il n'y a jamais un mot en trop, il n'y a jamais un mot pour rien. C'est quelque chose qui a l'air très simple quand on la lit, et puis évidemment, comme toujours chez les grands auteurs, quand c'est simple, c'est que c'est compliqué."  

J'admire les auteurs qui sont capable de maitriser cet art. On n'a pas besoin de raconter des choses compliquées par un ton compliqué. 

Je note ci-dessous quelques points intéressants, comment elle écrit et comment elle raconte ce fait en tant qu'un écrivain et en tant qu'une femme, une mère.

illustré par l'image de mon carnet 😎